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Histoires de thérapie

Nicolas

Célibataire sans rapport sexuel durant 7 ans, guéri de son éjaculation rapide avant la fin de sa thérapie.

Ces témoignages préservent l'anonymat des personnes. Les prénoms ont été modifiés. Certains détails géographiques ou professionnels sont légèrement changés. Les photos proviennent de catalogues de photos libres de droits.

Nicolas

Son passé

Nicolas était éjaculateur précoce depuis le début de sa vie sexuelle. À la suite d'une rupture particulièrement violente, son problème a été exposé à tous ses proches.

La thérapie

Nicolas a suivi la thérapie de 12 séances par webcam, à l'époque où c'était la seule formule proposée.

Les résultats

Il s'est inscrit sur un site de rencontre avant même de terminer la thérapie. Dès son premier rapportr sexuel, il a réussi à se maîtriser avec succès.

Nicolas est un ancien patient. Il a suivi une thérapie complète avec moi durant 4 mois.

Nous nous retrouvons dans un café parisien, près du Louvre. Nicolas est dans la trentaine. Sa barbe est bien taillée. Il est soucieux de son apparence et porte un veston, une chemise blanche, un jean bleu sombre et des baskets à la mode.


Bonjour Nicolas. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?

Bonjour à tous. Je m'appelle Nicolas, j'ai 36 ans, je suis guide conférencier. J'anime des visites dans les musées parisiens et j'habite la proche banlieue.

À quel moment ont débuté vos problèmes d'éjaculation trop rapide ?

Dès le début de ma vie sexuelle. Celle-ci a commencé tard : je n'ai eu ma première copine qu'à 22 ans. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas à l'origine d'une bonne partie de mes ennuis.

J'ai pris de mauvaises habitudes de masturbation, durant ces longues années où je ne connaissais pas encore le "vrai" sexe. Celui qu'on fait à deux.`

Vingt deux ans, ce n'est pas exceptionnellement tardif, comme âge pour démarrer sa vie sexuelle. Et je pense que vous le savez. Au début de la sexualité à deux, il est normal de ne pas maitriser la durée de ses rapports. C'est une étape normale de l'apprentissage. Et peu importe qu'on se confronte à cette étape à 17 ans ou bien 40 !

À quel moment avez-vous compris que vous aviez un problème ?

Assez tard. Il m'a fallu du temps pour me rendre à l'évidence.
Je voyais bien que mes rapports sexuels étaient trop rapides. Mais je refusais d'admettre que j'avais RÉELLEMENT un problème. Surtout que celui-ci portait le vilain nom d'éjaculation précoce !

Clairement, j'ai été dans le déni. C'était quelque chose qui n'arrivait qu'aux autres. L'éjaculateur précoce, ça ne pouvait pas être moi !

Quand j'ai eu 27 ans, une relation importante s'est arrêtée pour moi. En bonne partie à cause de mon problème sexuel. Et de mon refus d'y faire face.
Je suis resté célibataire pendant 2 ans. J'ai eu malgré tout trois rapports sexuels durant cette période. Des histoires éphémères, avec des filles de passage. À chaque fois, au lit, cela a été catastrophique.

Puis j'ai rencontré Audrey. Nous sommes restés ensemble un an et demi. Ce n'est pas très long, mais cette histoire a été très marquante. Et surtout particulièrement destructrice.

Que s'est-il passé ?

Je tout de suite tombé très amoureux d'Audrey. C'est le genre de femme sur laquelle les hommes se retournent. Mais elle s'est aussi avérée être instable et manipulatrice.
Attention, je ne dis pas ça par misogynie. Je ne suis pas de ces hommes qui accablent toutes leurs anciennes partenaires.
J'ai eu d'autres histoires avec des femmes que je trouve toujours formidables.

Mais avec Audrey, les choses ont différentes. Et vraiment… très difficiles.

« Elle me comparait sans cesse à ses anciens amants »

Cela reste difficile d'en parler.

Oui. Et pourtant cette histoire était il y a huit ans ! Au début, je dois reconnaître qu'Audrey a été douce. Et patiente. Y compris avec mes problèmes sexuels. Je faisais de gros efforts non seulement pour la séduire, mais aussi pour lui donner des orgasmes autrement qu'avec la pénétration.
Et elle prenait du plaisir ! Pour mon éjaculation précoce, elle en disait juste qu'elle était flattée de voir qu'elle me faisait autant d'effet.

Puis elle est devenue nettement moins agréable. Elle a commencé à faire des scènes pour des broutilles. J'ai d'abord cru que c'était un moment difficile, qui allait finir par passer. Mais les choses ne se sont jamais arrangées.
Notre vie sexuelle, agréable et épanouissante dans ses débuts s'est transformée en un véritable enfer. Il n'y a pas d'autre mot.

Elle a commencé par se plaindre de mes performances, ce qui était compréhensible. Mais aussi à me comparer à ses anciens amants.
Elle le faisait sans cesse. En me diminuant. Elle entrait dans les détails, me racontant sans arrêt que même son tout premier amant était déjà "mille fois plus doué et plus endurant" que moi. Alors qu'ils n'avaient tous les deux que 16 ans. Et qu'elle ferait peut-être mieux de laisser tomber notre histoire pour retourner séduire des lycéens.

Elle évoquait sans cesse sur les tords que lui causait mon problème sexuel. Quand un rapport sexuel se terminait trop vite — et c'était toujours le cas — elle me criait dessus. Ou bien elle devenait mutique. Elle se rhabillait en silence, me lançait un regard noir, avant de sortir fumer.
Elle me reprochait continuellement mon égoïsme… alors que de mon côté, c'était pourtant tout le contraire. Je ne pensais plus qu'à me rattraper en satisfaisant ses plaisirs, pour sauver notre histoire.
J'en oubliais clairement les miens. Si on m'avait donné une méthode pour lui donner des orgasmes en renonçant définitivement aux miens, j'aurais accepté dans l'instant.

« Les problèmes ne se limitaient pas à la chambre à coucher »

Les problèmes ne se limitaient pas à la chambre à coucher.
Elle me reprochait de trop fréquenter ma famille et mes amis.
Elle annulait régulièrement nos rendez-vous. De façon grossière : au dernier moment, sans donner de raison valable.
Dans sa bouche, j'avais tous les défauts du monde, qu'elle n'hésitait pas à lister en public. Certains "amis" en riaient à mon insu. Les autres ne cachaient pas leur gêne.
Je vivais sans cesse dans la crainte d'une nouvelle crise. Mon couple devenait de plus en plus étouffant. Et j'étais de plus en plus isolé.
Je n'osais rien dire. Je savais que mon problème sexuel était frustrant. Je pensais que la bonne chose à faire était de prendre sur moi. Et d'accepter cette histoire avec ses défauts. Ou bien je risquais de gâcher une histoire précieuse et de finir ma vie seul.

Comment cette histoire s'est-elle terminée ?

Comme dans un mauvais vaudeville. Certains détails m'ont fait douter de sa fidélité. Un jour, son téléphone était posé devant moi. Et j'ai surpris un message qui ne laissait aucun doute. Forcément, cela a entraîné une crise. Elle enrageait d'avoir été prise, tout en me promettant que cela n'avait été qu'une erreur passagère de sa part.

Je n'ai pas rompu. Mais à partir de là, je ne croyais plus vraiment à la viabilité de notre histoire.

Deux mois plus tard, elle s'est trahie toute seule dans une de ses paroles. Et elle a fini par avouer qu'elle m'avait de nouveau trompé.
Je lui ai annoncé que notre histoire s'arrêtait là.
Elle a répondu qu'elle refusait que je la quitte. Que son infidélité était parfaitement justifiée et qu'elle ne méritait pas une rupture.
Mais en même temps, cette infidélité soi-disant légitime devait rester secrète et ne jamais arriver aux oreilles de mes amis.
Nous étions chez elle. J'ai récupéré mes affaires qui étaient là-bas. Je lui ai rendu son double de clés. Et je suis parti. Je ne l'ai jamais revue.

Mais le pire restait à venir.

Dans la même soirée, elle a envoyé à chacun de nos contacts communs un long message.
Elle s'y justifiait en listant tous mes tords. Tout ce qu'elle me reprochait.
Et bien sûr, elle y faisait la description complète de mes problèmes sexuels. Avec le détail de mon éjaculation précoce. Et du déroulement de nos rapports sexuels.
Elle a envoyé ce message à mes amis les plus proches. À des gens qu'elle connaissait à peine. À d'autres qui ME connaissaient à peine.
Et même à des collègues de travail.

« Elle a même dévoilé mon problème sexuel à certains de mes collègues »

Même en connaissant bien votre histoire, entendre de nouveau ce passage me rend furieux.
Que s'est-il passé pour vous ?

Contrairement à ce qui m'a terrifié au début, il semblerait que personne n'ait "profité" des messages d'Audrey pour m'enfoncer. Les seuls retours que j'ai reçus ont toujours été des messages de soutien.

On m'a recommandé de porter plainte. Mais je n'en avais aucune envie.
En réaction, Audrey a reçu des dizaines de messages de critiques virulentes. Elle s'est brouillée avec beaucoup de monde.
De mon côté, je me suis désinscrit de Facebook. Et j'ai demandé aux gens de ne surtout plus jamais me donner de ses nouvelles.
Les conséquences ont été lourdes.

Avant, mon problème d'éjaculation précoce me donnait déjà de gros complexes.
Mais cette histoire m'a anéanti. Pendant plus d'un an, je n'ai vu personne. Les seules personnes que je voyais étaient ma famille et un couple d'amis très proches.
Pendant plusieurs semaines, je leur ai demandé de filtrer mes emails et tous mes messages.
Je leur dois beaucoup.

À la suite de cette histoire, pendant six ans, j'ai totalement fait une croix sur ma sexualité.
C'est à peine si je me masturbais encore. Cela ne m'arrivait que lorsque le besoin physique était trop pressant.
Je me suis senti très mal, puis lentement, les choses sont allées mieux.
Le temps a arrangé les choses.
J'ai changé de travail.
Je me suis mis au sport.
J'ai consulté un psychothérapeute

Je me suis rendu compte que quelque chose avait changé, cinq années environ après ma rupture. Je n'avais eu aucun contact sexuel ou romantique avec une femme. Pas même un premier rendez-vous au cinéma.

C'était l'été. Et je me suis aperçu que pour la première fois depuis des années, je regardais de nouveau du coin de l'œil les femmes en robe légère dans la rue.
J'étais encore tétanisé à l'idée de séduire une femme.
Mais de nouveau, l'envie était là !

De nouveau, l'envie était là !

Et vous avez commencé à vous renseigner sérieusement sur l'éjaculation précoce.

Oui. Je me suis d'abord beaucoup renseigné par moi-même. D'abord sur Internet, puis en achetant des livres. Mon psy m'encourageait à débuter un traitement avec un spécialiste. Mais je n'étais pas prêt, à ce moment-là. J'ai regardé toutes vos vidéos. Un jour, je vous ai posé une question en message privé, sur un détail. Après un échange d'emails, vous m'avez proposé de faire une séance d'essai par webcam.

Curieusement, rester derrière mon ordinateur m'a rassuré. Et cette séance d'essai s'est transformée en une thérapie de quatre mois.

Comment s'est-elle passée pour vous ?

La thérapie avance lentement… mais en même temps, elle est très intensive !Je ne pense pas qu'elle pourrait être aussi efficace, si elle était raccourcie. On ne pourrait pas aller autant au fond des choses.Ce que j'ai préféré, ce sont les exercices de rééducation. Vous ne les montrez pas dans vos vidéos YouTube. On ne les trouve non plus dans aucun des livres que j'ai lus.Vos exercices sont très progressifs. Avec trois sessions par semaine, on sent que son corps change en profondeur.Même maintenant, après la fin de la thérapie, je refais encore de temps en temps des sessions de rééducation.Ce qui m'a été très utile, ce sont vos exercices sur la confiance en soi. Mon psy utilisait déjà certaines techniques identiques. Mais j'ai trouvé utile de les faire en même temps que le reste de la thérapie.Travailler en même temps sur ma confiance et sur des techniques corporelles, je crois que c'est ce qui m'a le plus aidé.Le programme réclame un gros investissement en énergie et en temps. Mais après tant d'ANNÉES d'inaction, j'en avais besoin. Je m'y suis consacré à cœur perdu.

Est-ce que cela a porté ses fruits ?

(En souriant) Vous savez bien que oui. Vers la dixième séance, je me suis inscrit sur OkCupid, une application de rencontres.

J'avais peur et en même temps, j'étais très impatient. Finalement, les choses sont allées très vite !

En moins d'une semaine, j'avais un rendez-vous pour un verre avec une jeune femme, Tamara.

Depuis des années, séduire de nouveau était pour moi une montagne infranchissable.

Mais finalement, les échanges de messages et même la rencontre dans le café, tout cela est arrivé facilement !
Après notre troisième rendez-vous, j'ai dormi chez Tamara. Et les choses se sont bien passées !

J'ai énormément pris mon temps. J'ai bien suivi toutes vos consignes. Avant notre rendez-vous, j'avais passé deux heures à les relire et à imaginer le déroulement que je souhaitais pour ce rapport sexuel. Les choses se sont déroulées à comme je les avais visualisées. Le rapport sexuel a été très doux et bien suffisamment long.

Le rapport sexuel a été très doux et bien suffisamment long.

Le côté sexuel était un défi énorme.
Mais après tant d'années seul, ce qui m'a le plus marqué au final, c'est le plaisir de serrer de nouveau quelqu'un contre moi. D'échanger des baisers. De la tendresse. D'être allongé avec quelqu'un contre moi, en cuillère.
Ça m'avait tellement manqué que j'ai fini par en pleurer dans ses bras.

Cette rencontre était il y a quelques mois. Votre histoire avec Tamara continue-t-elle ?

Non. Pourtant, sexuellement, tout se passait bien. Avec Tamara, j'avais encore l'impression de faire l'amour en marchant sur des œufs. Mais je me maîtrisais bien mieux que je n’y étais jamais parvenu dans ma vie.
En revanche, sentimentalement, j'ai fini par me rendre compte que nous n'avions pas les mêmes envies. Elle veut se poser et se créer un cocon. J'ai découvert que de mon côté, je n'étais pas prêt pour une nouvelle histoire.
J'apprécie et que je respecte beaucoup Tamara. J'ai fini par lui expliquer pourquoi je ne voulais pas m'engager. Un soir, je lui ai raconté toute mon histoire. Sans rien cacher.
Elle a compris et elle a été touchée. Parler ainsi m'a aussi libéré, quelque part.
Depuis, nous nous revoyons de temps en temps, pour le plaisir d'échanger des nouvelles.

Êtes-vous revenu à votre ancien célibat ?

Non. C'est même le contraire. Je rencontre beaucoup de femmes. Un peu trop, peut-être. Je ne pensais jamais dire ça de ma vie ! J'utilise beaucoup mon application de rencontre. Sexuellement, les choses se passent bien.
Il y juste eu ce soir durant lequel j'ai eu deux rapports sexuels beaucoup trop rapides.

J'ai cru à une rechute. J'étais terrifié à l'idée de retomber dans mon ancienne situation.

Mais finalement, quelques jours plus tard, la fois suivante a été… magique.
J'ai fait l'amour pendant quarante minutes ! J'ai même dû faire un gros effort pour enfin réussir à éjaculer ! J'étais totalement essoufflé.
Je n'avais plus aucune précaution particulière à prendre. Tout semblait possible. C'était comme jouer à un jeu vidéo avec un code de triche qui rend invincible.

Il faut profiter de ces moments quand ils se présentent. Mais ils restent rares. Tant que vos progrès ne sont pas consolidés, ne vous éloignez pas trop des recommandations de la thérapie.
Comment vous sentez-vous ?

Bien… et en même temps, pas encore guéri. C'est étrange. Mes rapports sexuels se pourtant passent presque tous bien. Et malgré, j'ai ce sentiment bizarre d'être un imposteur qui sera bientôt démasqué.

Je sais que les consignes de la thérapie marchent. Mais je garde cette inquiétude au fond de moi.

C'est normal. Vos progrès sont spectaculaires, mais encore assez récents. L'éjaculation précoce a été intégrée très profondément dans votre vie. Les anciens obèses ont le même discours. Même une fois devenus minces, ils se sentent gros. Ils se considèrent toujours gros.
Cela dure généralement quelques mois.

J'imagine. Ce n'est pas vraiment un problème, de toute façon.
Et je suis incroyablement optimiste pour la suite. Pour la première fois, je ressens que j'accède à une sexualité épanouie. Avec la vie de couple qui va avec.

Il aura fallu que j'attende mes 36 ans. C'est fou. Il y a encore un an, ça me semblait encore totalement inatteignable.

Raconter mon histoire intime à Tamara m'a soulagé. Et je pense que la raconter ici me fera aussi du bien.

J'aime l'idée me dire qu'elle pourra peut-être aussi aider quelqu'un d'autre.


Je tiens à remercier chaleureusement Nicolas pour son témoignage.