L’Éjaculation prématurée: Compréhension et traitement par la thérapie sexofonctionnelle

Le résumé en version extra-condensée : Les études médicales concordent : la cause principale de l’éjaculation prématurée, c’est une mauvaise gestion de l’excitation. L’auteur a élaboré une thérapie de rééducation comportementale, organisée en douze séances. L’efficacité de la thérapie a été testée avec l’aide d’un protocole scientifique, en clinique sexologique. Les résultats sont positifs dans plus de 98% des cas. Le livre se destine aux sexologues et aux sexothérapeutes, il explique comment organiser les douze séances avec les patients.

Par François de Carufel, 2009, 360 pages.

Lors des séances, de nombreux exercices sont effectués plusieurs fois, durant plusieurs séances de suite. Pour une lecture plus plaisante, j’ai supprimé les répétitions en ne faisant figurer à chaque fois que les nouveaux exercices.

Chronique et résumé de « L’Éjaculation prématurée: Compréhension et traitement par la thérapie sexofonctionnelle »

Première partie : Les facteurs associés à l’éjaculation prématurée

Définir l’éjaculation prématurée

De nombreuses méthodes ont été utilisées et sont encore utilisées pour définir ce qu’est l’éjaculation prématurée.

En fonction du nombre de va et-viens après la pénétration. Mais ces va-et-vient peuvent être effectués avec des vitesses et des profondeurs très différentes. Un homme qui fait l’amour lentement peut très bien durer suffisamment longtemps pour obtenir un rapport satisfaisant, avec un faible nombre de va-et-vient. À contrario, un homme peut faire un nombre important de va et-viens très rapides ; mais sans durer longtemps ni se contrôler.

En fonction de la durée de la pénétration. Le même type d’argument peut être retenu. Certaines femmes réussissent à obtenir un orgasme après seulement 30 secondes de pénétration. Même si la partenaire est satisfaite, on ne peut pas dire que son partenaire fasse preuve d’un grand contrôle.

En fonction de la fréquence orgasmique de la femme. Certains sexologues ont considéré l’homme comme prématuré si la partenaire n’arrive pas à l’orgasme au moins dans 50% des rapports sexuels avec pénétration. Mais certaines femmes nécessitent une stimulation si longue que le contrôle de l’homme n’est pas en cause. Et d’autres femmes n’ont tout simplement pas d’orgasme.

En fonction du contrôle éjaculatoire. Une méthode encore utilisée n’utilise pas de mesure précise, mais utilise la capacité de contrôle de l’éjaculation. Cependant, l’éjaculation est un réflexe qui ne peut être contrôlé par la volonté.

En fonction de la capacité à éjaculer au moment désiré. La précocité est alors avérée lorsque l’éjaculation survient plus tôt que désiré. Ce critère est très subjectif. Cette définition ne retient que l’appréciation de l’homme, et ignore totalement l’avis de la femme.

En fonction des critères subjectifs des couples. C’est ici l’insatisfaction ressentie qui est prise en compte, plutôt que sur la durée effective. C’est un critère intéressant, qui prend en compte la subjectivité de chacun.

La définition de l’association américaine de psychiatrie. Il est considéré que l’éjaculation est prématurée lorsque l’individu éjacule fréquemment juste après la pénétration, sans qu’il le désire, entrainant une détresse émotionnelle. Avec cette définition, des hommes avec des niveaux de contrôle très différents peuvent être diagnostiqués, ou non, comme éjaculateurs précoces.

En fonction de critères évolutionnistes. Pour certains scientifiques, l’éjaculation rapide est le fruit d’une adaptation au sein de l’espèce. Éjaculer vite apporterait un avantage compétitif pour la reproduction. Les primates éjaculent très rapidement. Mais on trouve également de nombreuses espèces qui utilisent des préliminaires très longs. Au final, peu importe si l’éjaculation rapide est le fruit de l’évolution ou non : dans la pratique, augmenter la durée des rapports sexuels est possible par l’apprentissage.

Considération sur ces définitions : Retenir une définition objective est compliqué, sinon impossible. Le terme « prématuré » est relatif. On ne peut retenir ce diagnostic que lorsqu’au moins un des deux partenaires montre une insatisfaction récurrente, concernant la durée des rapports avec pénétration.

Fréquence et répartition de l’éjaculation prématurée

L’étude précise est compliquée. Tout homme peut rencontrer ce trouble à un moment de sa vie. Cependant, les différentes études menées sur le sujet montrent que 20 % à 30 % des hommes éjaculent peu de temps après la pénétration. En moyenne, l’homme éjacule après 5,4 minutes ; la femme a besoin de 8 minutes de pénétration pour arriver à l’orgasme. Ces chiffres varient au cours de la vie. Alors qu’on pourrait s’attendre au contraire, les hommes se contrôlent moins bien quand ils avancent en âge. Les femmes actuelles se montrent insatisfaites en plus grand nombre qu’auparavant, principalement grâce au progrès de la libération sexuelle.

Les symptômes

L’éjaculation précoce peut avoir toujours été là, ou bien survenir au cours de la vie. Certains hommes éjaculent avant la pénétration. D’autres après quelques secondes, ou quelques minutes. Les hommes plus âgés ont besoin d’un niveau d’excitation plus haut pour obtenir une érection. Ce problème peut faire survenir chez eux un problème d’éjaculation précoce qui n’existait pas auparavant.

Les difficultés émotionnelles

Il faut savoir que tout le monde ne considère pas des rapports rapides comme une contrariété. Beaucoup de couples ont des rapports qui ne durent qu’une minute, et ils sont contents.

Mais en général, l’homme qui éjacule trop vite se sent désappointé, humilié, déprimé, coupable et anxieux. La femme se sent frustrée et mécontente. Elle peut devenir agressive, croyant que l’homme agit de façon égoïste. Cette réaction amplifie les difficultés de l’homme. La sexualité peut alors devenir source de déboire et d’amertume. Certains couples se résignent. D’autres refusent d’aborder le sujet. Certains hommes en viennent par s’isoler socialement. Repoussant les histoires d’amour par peur de ne pas être à la hauteur.

Les causes organiques

Les médecins ont envisagé plusieurs pistes médicales : des douleurs au niveau du pénis, des problèmes au niveau de la moelle épinière, ou bien une hypersensibilité des sens. Ces différentes théories n’ont pas pu être validées de façon scientifique.

Les études sur les hommes circoncis montrent qu’ils ne se maitrisent pas mieux.

La thèse d’une hypersensibilité des muscles éjaculatoires ne peut être retenue.

Une sensibilité excessive au niveau du gland non plus. Les tests n’ont pas démontré une plus grande perception pénienne chez les éjaculateurs précoces.

La théorie mettant en cause un manque de perception, de contrôle ou de force du périnée est fausse. L’éjaculation est un réflexe incontrôlable, le périnée ne peut la stopper.

Un dérèglement des récepteurs de la sérotonine : on a remarqué que les médicaments contre la dépression, qui agissent sur la réception de la sérotonine, pouvaient améliorer le contrôle éjaculatoire. Mais les résultats lors de tests de masturbation n’ont rien donné.

Les causes sexologique

Les zones de la courbe de l’excitation chez l’homme.
Courbe de l'excitation pour un homme normal
Courbe de l’excitation pour un homme normal

L’homme est très sensible à la stimulation. Parmi les causes de surstimulation :

  • Les va-et-vin rapides et vigoureux, dans l’espoir de mener rapidement la partenaire à l’orgasme
  • La partenaire qui s’active rapidement dès le début du rapport, pour les mêmes raisons
  • L’homme qui savoure tant le sentiment d’éjaculation qu’il s’y précipite, sans s’en rendre compte
  • L’homme qui savoure surtout les sensations ressenties à proximité de la zone de non-retour, où le contrôle est très compliqué
  • La femme qui exige de son partenaire va-et-vient rapides, vigoureux et ininterrompus
  • Les hommes qui idéalisent tant leur partenaire que la décharge émotionnelle leur fait perdre tout contrôle
  • Les hommes qui focalisent toute leur attention sur une sensation en particulier

Mais aussi, un comportement global trop rapide :

  • Le mouvement de pénétration se fait en bougeant tout le tronc, et pas seulement le bassin
  • Les mouvements sont rapides
  • Il n’y a pas de pause ni de ralentissement
  • Les va-et-vient sont de petite amplitude
  • L’homme contracte ses muscles : fessiers, bras, jambes, bas-ventre…
  • Il respire rapidement
  • Il respirer avec le haut de la poitrine
  • Il retient sa respiration
  • Il contracte les muscles du périnée
  • Il tente de retenir son éjaculation

D’autres facteurs peuvent également intervenir. Les hommes peuvent avoir pris l’habitude dès l’adolescence de se masturber rapidement. Une absence de rapport sexuel pendant une longue période provoque également une perte de contrôle.

L’imaginaire autour de la sexualité est aussi important. Les éjaculateurs précoces envisagent souvent la sexualité sous la forme de charges et de décharges de la tension sexuelle. Bien souvent, dans leur imaginaire, la pénétration est le sommet de l’excitation. Le résultat est que lorsque celle-ci survient, la projection mentale alliée aux sensations ressenties rend le contrôle impossible.

Les causes externes

L’anxiété, le stress augmentent la tension corporelle involontaire. Le contrôle de l’excitation est alors plus difficile. La peur de décevoir sa partenaire lui fait également perdre ses moyens. Les problèmes relationnels au sein du couple peuvent fréquemment provoquer des dérèglements au niveau sexuel. Par le passé, certains sexologues ou psychanalystes ont émis l’hypothèse, de la présence chez certains hommes d’une volonté de punir inconsciemment leur partenaire. Par sadisme. Cette théorie semble peu pertinente. Les études ont montré que les éjaculateurs précoces ne présentent pas plus de troubles de l’érection que les autres hommes.

Les traitements non sexologiques

Diminuer les sensations : Curieusement, aucune étude structurée n’a été menée pour mesurer l’efficacité du port d’un préservatif, sur le contrôle sexuel de l’homme. En consultation, les hommes se disent insatisfaits par cette méthode.

L’utilisation de gels anesthésiants est contraignante. Les résultats sont parfois bons, aux dépens des sensations ressenties par l’homme. De nombreux hommes se plaignent que ces produits entrainent chez eux des pertes d’érection.

Le renforcement des muscles du périnée a été recommandé par le passé par des sexologues. Mais c’est une fausse piste : anatomiquement, les muscles du périnée ne peuvent ni faire baisser l’excitation ni bloquer l’éjaculation.

D’une manière générale, les médicaments se révèlent très peu efficaces. Ils amènent des effets secondaires et ne permettent pas de progresser sur le cœur du problème. Certains résultats positifs ont été démontrés comme étant le résultat de l’effet placébo : les hommes qui ont ingurgité des médicaments dénués de substance active ont progressé dans la même proportion. En dehors de certains cas particuliers, comme un échec après une rééducation comportementale classique, ou des tendances suicidaires chez un patient, l’utilisation de médicaments est déconseillée.

Utilisée seule, la technique de la réduction de l’anxiété par la visualisation positive donne des résultats décevants. Il n’y a pas d’étude récente, mais il semblerait que l’anxiété ne soit que rarement la seule cause de l’éjaculation prématurée.

De la même façon, la thérapie de couple et la psychanalyse ne montrent pas de bons résultats. Seules, elles ne permettent pas aux hommes d’obtenir un meilleur contrôle.

Les traitements sexologiques

Penser à autre chose pendant la pénétration : les résultats lors des tests cliniques sont décevants.

Le stop-and-go, ou « départ-arrêt » : La femme stimule l’homme, puis s’arrête lorsque l’excitation est trop haute, à sa demande. L’exercice peut être fait seul, avec la masturbation. Cette technique n’a pas été validée avec des protocoles cliniques fiables.

Se concentrer sur ses sensations, pour repérer la montée de son excitation. La technique est assez proche du stop-and-go, mais nécessite plus d’intervention de la part de l’homme. Les résultats sont bons.

Le reconditionnement sexuel. Par l’exploration du toucher, le développement de la communication, l’acquisition de connaissances sur la sexualité.

Le squeeze, ou « compression pénienne ». Technique conçue dans les années 70s, et très largement utilisée. Lorsque l’homme est proche de l’éjaculation, la femme se retire et pince le pénis, sous le gland. La pénétration reprend. L’arrêt reprend trois ou quatre fois, avant que l’homme ne soit autorisé à éjaculer. Les résultats sont bons lorsque la technique est utilisée régulièrement. Sur le long terme, elle perd de son efficacité. Cette technique présente l’inconvénient de ne pas être érotique.

Les autres méthodes. Elles sont basées sur la modulation de la tension sexuelle, l’apprentissage de la sexualité, la communication, et la restructuration cognitive. Elles apportent de bons résultats, mais les études cliniques précises manquent.

Le traitement sexofonctionnel

Il a été élaboré au cours des vingt dernières années par l’auteur, François de Carufel. Il permet à l’homme de progresser à la fois sur les aspects physiologiques, émotionnels, et comportementaux. Il va acquérir des connaissances, des habiletés, travailler de façon autonome, et améliorer l’harmonie de son couple.

Le traitement a fait l’objet d’une étude avec protocole de recherche expérimental, en 2006.

En moyenne, la durée de la pénétration est passée de 42 secondes à 7 minutes 52 secondes. [NDEA: Pour rappel, la durée moyenne mesurée est de 5 minutes et 24 secondes]. C’est une durée similaire à celle que nécessitent les femmes pour parvenir à un orgasme via la pénétration.

Elle est basée sur la compréhension du fonctionnement de l’homme. Elle est très détaillée et précise chaque étape. Elle ne nécessite aucune manipulation peu érotique, qui serait un « tue-l’amour ».

Deuxième partie : l’évaluation clinique

Le but de l’évaluation clinique est d’évaluer à la a fois la sévérité, les causes et les conséquences des troubles sexuels du patient. Mais aussi ses acquis et ses forces, pour déterminer comment l’aider au mieux.

Le protocole d’entrevue :

  • Accueil
  • Recueil des informations de base
  • Revue de l’état de santé : maladie, médicaments, traumatismes, sommeil, drogues…
  • Fonctionnement général : familial, professionnel, social et conjugal
  • Raison de la venue en consultation
  • Noter les impressions : langage non verbal, discours, comportement
  • Moment de l’éjaculation
  • Historique sexuel et situation sexuelle actuelle
  • Capacité érectile
  • Orientation sexuelle : hétérosexuel, homosexuel, ou autre
  • Scénario d’interaction sexuel avec le/la partenaire
  • Positions sexuelles utilisées: celles qui excitent, celles qui permettent de se contrôler
  • Façon de bouger pendant le rapport sexuel
  • Les stimuli auxquels l’homme est le plus sensible
  • Stratégie utilisée pour gérer l’excitation sexuelle
  • Le degré de contrôle : pendant les préliminaires, pendant la pénétration
  • Courbe de l’excitation sexuelle
  • Connaissances et croyances, sur le fonctionnement du corps
  • Les pensées, sexuelles ou non, pendant les préliminaires, pendant la pénétration
  • L’anxiété : son importance, ce qui la cause
  • La fréquence des rapports sexuels
  • Masturbation : fréquence, durée, technique utilisée
  • Désirs sexuels : fréquence et nature
  • Imaginaire érotique : fréquence et nature
  • Satisfaction sexuelle globale
  • Communication
  • Hypothèses concernant le manque de contrôle
  • Le point de vue de la partenaire, ou des anciennes partenaires
  • Niveau de motivation
  • Objectifs

À la fin de l’entrevue, le praticien fait un bilan avec l’homme et lui explique le traitement le plus adapté.

Troisième partie : le traitement sexologue-fonctionnel de l’éjaculation prématurée

Il peut être réalisé seul, ou en couple. Il peut être délivré par un sexologue, ou suivi seul, comme un autotraitement. Il est découpé en douze séances. Jamais plus d’une séance par semaine. Il est recommandé de ne pas excéder 18 semaines pour terminer la thérapie. L’auteur prévient que la progression ne se fait pas de façon linéaire. Il ne faut pas s’attendre à voir la durée de ses rapports sexuels monter de façon linéaire au fur et à mesure de l’avancée dans les séances. Et parfois, il faut attendre la fin de la thérapie pour obtenir des résultats.

Première séance

L’homme se voit expliquer le système de la courbe de l’excitation sexuelle. Il apprend que la tension musculaire est évitée pour conserver son contrôle. Qu’il est normal que la force de l’érection varie au cours d’un rapport. Qu’il doit se surveiller, pour éviter de franchir le point de non-retour. Il apprend le fonctionnement anatomique de l’éjaculation. Et que si on peut apprendre à mieux maitriser son excitation, l’éjaculation, elle, ne l’est pas : une fois le point de non-retour franchi, c’est un réflexe totalement incontrôlable.

Exercices :

  • L’influence de la respiration sur l’excitation.
  • Ressentir la différence entre respirer avec le haut des poumons et la respiration abdominale.
  • Lors d’une masturbation, repérer les différentes zones de l’excitation sexuelle.
  • Essayer de faire retomber son excitation avant d’atteindre la zone d’imminence éjaculatoire.

Deuxième séance

Le principe de l’acclimatation sexuelle est expliqué : il ne faut pas fuir les préliminaires. Au contraire ! Pendant la phase de rééducation, il est recommandé de continuer les préliminaires pendant 20 à 30 minutes. L’homme apprend agilement qu’il doit pénétrer lentement. Et faire une pause après la pénétration.

Nouveaux exercices :

  • Apprendre comment basculer son bassin en travaillant en appui sur les mains et sur les genoux.
  • Reproduire les erreurs qu’on doit éviter, afin de pouvoir les reconnaître.
  • Coupler avec un exercice de respiration.
  • Étudier sa respiration pendant la masturbation.
  • Pour les couples, un exercice de massage pendant les préliminaires.
  • Pour les couples, une discussion sur le ressenti de chacun, après une éjaculation trop rapide : honte, frustration ? L’un des deux évite-t-il d’avis des rapports sexuels ? L’impact sur la communication, l’intimité, la tendresse ? La partenaire doit pouvoir exprimer son insatisfaction, mais sans agressivité ni menace.

Troisième séance

Dans un couple, il est courant que les deux partenaires n’aient pas autant envie de faire l’amour. Si sa compagne a moins envie de faire l’amour que lui, il ne faut pas lui demander avec empressement des rapports sexuels qu’elle ne va pas beaucoup apprécier.

Les besoins sexuels varient pour chacun et changent avec l’âge. Il est alors important alors que l’homme se masturbe, afin d’évacuer son trop-plein d’énergie sexuelle. Sans pour autant chercher à tous pris à le faire quelques minutes ou quelques heures en prévision d’un rapport sexuel possible.

Nouveaux exercices :

  • Apprendre à inverser une respiration trop rapide, faite avec le haut des poumons, vers une respiration lente et profonde.
  • Basculer le bassin en travaillant en appui sur les mains et sur les genoux: travailler sur l’intensité des mouvements. Puis sur leur vitesse.
  • Masturbation : percevoir les signes corporels qui annoncent la montée de l’excitation et la perte du contrôle.
  • Établir la fréquence éjaculatoire hebdomadaire dont votre corps a besoin.
  • Pour les femmes : apprendre à repérer la tension et la respiration trop rapide chez son partenaire.
  • Discussion de couple : quelle serait une durée de pénétration satisfaisante ? La partenaire doit-elle forcément avoir un orgasme lors de la pénétration pour être satisfaite ? Mettons que la durée de la pénétration n’est plus un problème. Souhaitez-vous qu’elle soit douce, affectueuse, vigoureuse ? Que pensez-vous des ralentissements et des pauses ? Quelles positions voulez-vous essayer ?

Quatrième séance

Beaucoup d’hommes se contractent pour retenir leur éjaculation. C’est inefficace : l’éjaculation est un réflexe ; anatomiquement, l’homme ne peut pas l’arrêter.

Lorsque des éjaculations trop rapides entrainent de l’insatisfaction de façon récurrente, il est normal de vouloir progresser. Mais cette envie de progresser ne doit pas se transformer en anxiété de performance. Ponctuellement, une éjaculation trop rapide est courante et normale. Elle ne doit pas être considérée comme une catastrophe, ou bien le stress ressenti est alors contre-productif.

Travaillez les exercices pour progresser. Mais laissez de la place pour de la spontanéité, des erreurs, des surprises et une part d’indulgence envers vous-même.

Faites attention à ne pas fermer les yeux. Adoptez une posture ouverte : bouche entrouverte, et jambes espacées.

Nouveaux exercices :

  • Imaginez un rapport où vous reprenez le contrôle de justesse : apprenez à inverser soudainement une respiration trop rapide, faite avec le haut des poumons, vers une respiration lente et profonde.
  • Basculer le bassin en travaillant en appui sur les mains et sur les genoux : apprendre à improviser.
  • Basculer le bassin debout : travailler le mouvement de base.
  • Basculer le bassin debout : reproduire les erreurs qu’on doit éviter, afin de pouvoir les reconnaître.
  • Basculer le bassin debout : travailler en même temps sa respiration.
  • Masturbation : imaginer des scénarios de préliminaire et de pénétration. Garder une posture ouverte.
  • Relation sexuelle : garder une posture ouverte. À l’approche de l’éjaculation, essayer de faire redescendre l’excitation avec la respiration et la détente.
  • Pour les femmes : présentation de la position d’Andromaque, avec la femme au-dessus. Bien pratiquée, cette position favorise l’orgasme féminin et permet un meilleur contrôle de la part de l’homme.
  • Discussion de couple : parler de ce qu’on pense et de ce qu’on ressent est différent. Suggestions de sujets : préférences, fantasmes, rêves érotiques, aversions, amour, pulsions, désir.

Cinquième séance

Beaucoup d’hommes qui jouissent vite préfèrent mener leur partenaire à l’orgasme durant les préliminaires, pour ressentir moins d’anxiété quant à la satisfaction de leur partenaire. Les femmes diffèrent beaucoup. Attention, certaines ne savourent vraiment que leur premier orgasme ; d’autres ne supportent plus la moindre stimulation une fois un premier orgasme atteint.

La stratégie qui consiste à exciter sa partenaire au maximum lors des préliminaires pour l’amener très rapidement à l’orgasme lors de la pénétration ne fonctionne pas, dans la pratique. La pénétration doit être une continuation des préliminaires, pas une course à l’orgasme.

Nouveaux exercices :

  • Debout, ressentir la tension dans les muscles fessiers.
  • Debout, effectuer le mouvement de bascule, en travaillant sur la tension des fessiers.
  • Debout, effectuer le mouvement de bascule, en travaillant sur la vitesse.
  • Masturbation : étudier les effets que provoque le fait de bouger le bassin et de contracter les fessiers
  • Couple : pénétrez en ayant tous les deux un niveau bas d’excitations
  • Pour la femme : l’effet pervers que peuvent provoquer les commentaires négatifs
  • Discussion de couple : les tournures de phrases et les types de questions qui incitent l’autre à s’ouvrir, même s’il n’est pas à l’aise avec la communication.

Sixième séance

La bonne façon de démarrer les préliminaires n’est pas de se précipiter sur les zones génitales de sa partenaire. L’ambiance, l’attention ont une place particulièrement importante. Au niveau tactile, il faut commencer par caresser le haut du corps, de façon progressive : le dessus des mains, les avants-bras, les bras, le haut du dos, l’arrière des épaules, l’arrière du cou, le cuir chevelu, les lèvres. Seulement ensuite, on peut descendre sur les côtés du corps, le ventre, les seins, les hanches, les jambes, puis enfin, le sexe. Le vagin réagit plus aux pressions qu’aux frottements. Chaque femme a bien sûr ses préférences, il faut être à l’écoute.

En matière d’érotisme féminin, la communication et l’intimité sont bien plus importantes durant la pénétration, que des va-et-viens qui s’allongent de façon mécanique avec un homme qui reste replié sur lui.

Nouveaux exercices :

  • Le mouvement de bascule du bassin, allongé sur le dos.
  • Reproduire les erreurs qu’on doit éviter, afin de pouvoir les reconnaître.
  • Bascule du bassin allongé sur le dos, en travaillant la respiration.
  • Bascule du bassin allongé sur le dos, en travaillant la contraction des muscles.
  • Allongé, apprendre à reconnaître les muscles du périnée, pour pouvoir les détendre.
  • Masturbation : apprendre à reconnaître la tension puis la détente des muscles du périnée.
  • Pour la femme : comment respirer, quels mouvements du bassin utiliser pour obtenir de meilleures sensations.
  • Discussion de couple : comment mettre de côté les expériences douloureuses vécues dans le passé. Dans le moment présent, que voulez-vous conserver et que voulez-vous modifier ? Dans le futur, quels sont vos projets, vos rêves ?

Septième séance

Par la force des choses, la pénétration doit s’adapter aux limitations imposées par le réflexe éjaculatoire masculin. C’est la raison pour laquelle, lorsque l’excitation de l’homme est trop haute, il doit indiquer à sa partenaire que la stimulation doit baisser. Malgré la frustration qu’un ralentissement ou une pause peut engendrer, il vaut mieux que la partenaire accepte cette demande. Ce n’est ni de la misogynie ni un comportement dominateur de la part de l’homme. C’est un signal à prendre en compte : à ce rythme-là, la pénétration sera très bientôt terminée.

L’homme ne doit pas hésiter à communiquer à sa partenaire son besoin de ralentir ou de s’arrêter. Et de la même façon que celle de l’homme, l’excitation de la femme peut varier. Monter, descendre, reprendre. Une frustration temporaire ne doit donc pas être vécue comme une catastrophe par la femme. L’excitation va remonter. Et c’est exactement ce que son compagnon s’impose aussi, pour faire durer la pénétration. Faire varier l’excitation, le rythme, les sentiments lors d’un échange amoureux n’est pas seulement normal. C’est aussi sa richesse. Ce qui en fait une mélodie à chaque fois réinventée.

Vous pouvez parler, communiquer, pendant les pauses et les ralentissements. C’est ce qui en fait un moment d’échange, que vous devez aussi apprendre à apprécier.

Nouveaux exercices :

  • Un exercice de relaxation, qui demande de relâcher une à une chaque partie de son corps.
  • Bascule du bassin allongé sur le dos, en travaillant l’intensité, puis la vitesse
  • Défi pour les couples : pénétration de dix minutes ! Avec un récapitulatif des techniques apprises (pauses, respiration, détente), l’auteur indique comment essayer de réussir ce défi. Pour le moment, le but est de faire durer la pénétration, en abandonnant toute idée de performance ou d’orgasme. Ça viendra plus tard.
  • Défi masturbation : masturbation de 10 minutes ! Même principe. Comme l’exercice est facile pour certains hommes, des difficultés supplémentaires sont proposées.
  • Pour la femme : apprendre à laisser l’homme choisir le bon moment pour la pénétration. L’encourager à ne pas bouger après la pénétration. Si l’homme est démuni, se mettre au-dessus et ne quasiment pas bouger, en multipliant les pauses.
  • Pour les couples : exercice de massage non érotique : on évite les sexes et les seins. L’un masse et caresse, l’autre reçoit. Pas d’autres objectifs que de profiter tranquillement de l’échange. Après 15 minutes, les rôles sont échangés. Discutez ensuite de ce que vous avez apprécié ou non dans ce moment. Cela permet de remettre en place un contact corporel apaisé et sans enjeux au sein du couple.

Huitième séance

Par crainte d’être trop excités, beaucoup d’hommes fuient les caresses de leur partenaire pendant les préliminaires. Certains s’efforcent de penser à autre chose, se pincent ou utilisent d’autres tactiques du même genre. Ce n’est ni élégant ni agréable, pour aucun des deux. La sexualité est à sens unique, le plaisir est moins grand et les caresses sont quasiment à sens unique.

Accepter les caresses apporte de l’excitation… mais aussi de la détente. Des caresses acceptées et bien gérées permettent de supporter la pénétration, grâce à l’acclamation. Et vous prenez plus de plaisir. C’est un plaisir différent de celui qu’on ressent lors de la course vers l’éjaculation. Il est plus subtil, il est possible que d’abord, vous trouviez ces sensations fades. Mais vous allez rapidement apprendre à apprécier les plaisirs qu’on ressent lorsque l’excitation est à un niveau moyen. Et votre vie sexuelle en sera changée à JAMAIS !

Nouveaux exercices :

  • Le mouvement de bascule du bassin, couché sur le côté.
  • La bascule du bassin, couché sur le côté, en travaillant à ne pas contracter son périnée.
  • Pour les couples : essayer de nouveau un rapport sexuel de 10 minutes, avec la femme au-dessus. De nouveau, multiplier les pauses et contenir ses envies d’accélérer.
  • Se masturber en se caressant le corps et bougeant le bassin.
  • Pour les femmes : exercice de concentration. Apprendre à être présente, lors d’un rapport sexuel, sans laisser ses idées divaguer.
  • Pour les couples : le problème d’éjaculation trop rapide a-t-il mis en place une routine répétitive lors de vos ébats ? Qu’est-ce qui vous attire le plus, chez votre partenaire ? Qu’est-ce que vous aimez le plus dans les domaines affectifs, romantiques et érotiques ?

Neuvième séance

On l’a vu : les tensions musculaires doivent être évitées, elles accélèrent la venue de l’éjaculation. Or la position la plus courante, le missionnaire est aussi celle qui provoque le plus de tension. Les avant-bras, la cage thoracique et les abdominaux sont contractés. Et beaucoup d’hommes bougent le dos d’un seul tenant, avec les fessiers contractés.

Une bonne variante est de ne pas prendre appui sur les mains, en position de pompe. Mais de prendre appui sur les coudes. On laisse son poids reposer sur sa partenaire. La poitrine et le ventre sont en contact. Il faut espacer les jambes, faire attention à ne pas contracter les fessiers. Et prendre soin de ne bouger que le bassin, en évitant de contracter ses abdominaux, ou son périnée.

Nouveaux exercices :

  • Allongé sur le dos, apprendre à contracter et à détendre séparément les muscles des fessiers et ceux du périnée.
  • Un exercice qui permet de comparer la bonne et la mauvaise position, pour le missionnaire.
  • La bascule du bassin en position latéro-supérieure.
  • La bascule du bassin en position latéro-supérieure, en travaillant, vitesse, tension et intensité.
  • Pour les couples : utiliser la position latéro-supérieure, en faisant durer le rapport 10 minutes.
  • Pour les femmes : malheureusement, un homme qui éjacule vite et qui se préoccupe du plaisir de sa partenaire, ne parvient pas à se surveiller et à se contrôler. Pendant la rééducation, vous pouvez donc lui demander pendant les 10 premières minutes de la pénétration de ne se concentrer que sur le fait de faire durer le rapport. Rassurez-le, invitez-le à faire des pauses. Il pourra de nouveau se préoccuper de votre plaisir après ces 10 minutes.
  • Discussion de couple : si vous suivez la thérapie à deux, on peut insidieusement commencer à se comporter comme le thérapeute de son/sa partenaire. En réaction, l’autre peut refuser ce rôle de pouvoir et repousser la thérapie. Soyez attentif(ve) aux remarques que vous faites. Pour progresser sereinement à deux, les encouragements et les témoignages d’affection restent les plus efficaces.

Dixième séance

Apprenons à faire monter l’excitation de sa partenaire, sans faire monter la sienne. Pour cela, il faut lui apprendre à respirer avec le ventre, et à faire une version féminine de la bascule du bassin. Il est également possible de lui stimuler le clitoris, ou de la laisser le faire, pendant la pénétration.

Nouveaux exercices :

  • Mouvement de bascule du bassin, dans la position corrigée du missionnaire.
  • Pour les couples : utiliser la position du missionnaire corrigée. Essayer la version féminine de la bascule du bassin. Ainsi que la stimulation clitoridienne lors de la pénétration.
  • Discussion de couple : comment individuellement avez-vous géré les inconvénients d’une éjaculation trop rapide ? Avez-vous préféré vous taire ? Vous êtes-vous résigné(e) ? Avez-vous repoussé des contacts ? La partenaire a-t-elle été agressive, pour faire réagir l’homme ?

Onzième séance

Lorsqu’il approche de l’éjaculation, la capacité à se concentrer de l’homme se réduit sensiblement. Il se focalise sur ses sensations et ne perçoit plus vraiment ce qui se passe dans son entourage. L’esprit se concentre sur la fécondation, il est beaucoup plus difficile de raisonner et de réussir à appliquer les techniques de contrôle. C’est la raison pour laquelle l’homme qui désirer durer plus longtemps doit éviter ces hauts niveaux d’excitation.

L’anxiété accélère la venue de l’éjaculation. Certains hommes se laissent déborder par le stress. Une technique efficace est alors d’imaginer le pire. Au pire, vous pouvez être quitté par votre partenaire. Ce serait un moment difficile, mais votre vie ne serait pas terminée pour autant. Des milliers de nouvelles compagnes potentielles existent. Ne pas se fixer des objectifs irréalistes permet également de contenir son anxiété. Quels sont vos objectifs ? En utilisant vos nouvelles connaissances, vous semblent-ils raisonnablement atteignables ?

Nouveaux exercices :

  • Mouvements de contrôle de dissociation musculaire, sur le dos.
  • Mouvement de bascule du bassin, dans la position corrigée du missionnaire : amplitude, vitesse, puis intensité.
  • Masturbation : ressentir la diminution du champ de conscience, à l’approche de l’éjaculation.
  • Pour les femmes : petit exercice de communication non violente.
  • Pour les couples : discussion sur la routine sexuelle. Conservez-vous suffisamment de temps et d’énergie expérimenter et vous amuser, sexuellement ?

Douzième séance

La confiance en soi s’acquiert grâce à des succès répétés. Il ne faut pas hésiter à s’autocongratuler pour chaque réussite. Il faut également faire attention à conserver envers soi-même un discours bienveillant. La confiance en soi vient également d’attentes réalistes : la sexualité masculine impose de ralentir et de faire des pauses, ce n’est pas une faiblesse. Les vidéos pornographiques donnent l’illusion que ce n’est pas le cas, mais ce n’est possible que grâce au travail de montage, qui permet de tricher sur le rythme.

Nouveaux exercices :

  • Mouvement de bascule du bassin, en intégrant toutes les techniques apprises.
  • Pour l’homme célibataire: recommandations sur le bon état d’esprit à avoir, lors de la prochaine rencontre.
  • Pour les femmes : félicitations sur le travail accompli. Vous en connaissez bien plus sur la sexualité masculine et ses limites. Pourquoi ne pas vous ouvrir à découvrir également mieux la sexualité féminine ?
  • Pour les couples : quel est le bilan ? Les progrès que vous avez constatés vous semblent encore fragiles ? C’est normal. Vous devez apprendre à repérer ce qui est une perte de contrôle temporaire et normale, d’un vraie rechute qui nécessite une mise au point. N’oubliez pas de communiquer entre vous de façon complice et bienveillante.

Extrait de roman « sexo-informatif »

C’est le dernier chapitre que l’auteur a coécrit et publié sous pseudonyme en anglais, aux USA. Le roman raconte le parcours d’un éjaculateur précoce, qui guérit après avoir suivi la thérapie d’un sexologue réputé. Dans la scène, l’homme retrouve une ancienne amante, pour la première fois depuis son traitement. La scène suit le point de vue de l’homme, puis de la femme. Du fait de leurs mauvaises expériences sexuelles communes, les deux personnages sont remplis de désir et d’appréhension, craignant un nouveau rapport sexuel décevant.

Mais le livre se termine en happy end. La scène raconte les difficultés que l’homme rencontre pour se contrôler et les moyens qu’il utilise pour maîtriser son excitation. Et finalement réussir à faire durer le rapport sexuel, pour le plus grand bonheur des deux personnages.

Conclusion sur « L’Éjaculation prématurée: Compréhension et traitement par la thérapie sexofonctionnelle » :

Vous avez dû le sentir en lisant ce résumé. Le livre ne compte que 360 pages, mais son contenu est particulièrement dense.

Je suis enthousiasmé ! François de Carufel possède un esprit très rigoureux, dans son approche du problème de l’éjaculation précoce. Le sujet se prête pourtant beaucoup aux approximations et aux méthodes empiriques. Je pense que le tabou pesant autour de ce trouble sexuel n’aide pas. Sans compter que culturellement, la sexualité a toujours fait l’objet de théories et de rumeurs fantaisistes.

Mais François de Carufel est un chercheur, son approche est très scientifique. Pendant la lecture, chacun des principes est toujours argumenté et référencé. C’est une démarche qui résonne, chez moi. J’ai une approche très pragmatique des choses : n’importe qui peut avoir un avis sur un sujet. Mais sans un protocole scientifique qui permet de la valider ou de la rejeter, cet avis n’a aucune valeur. C’est simplement une opinion, non étayée de preuves.

L’éjaculation précoce provoque de la souffrance. Les couples en difficulté méritent qu’on leur apporte des réponses dont la validité a été démontrée, comme dans cet ouvrage.

Le livre montre qu’on ne peut pas donner réellement de définition fiable et irréfutable à l’éjaculation précoce. Ça peut paraître étrange, mais c’est au final assez logique.

Concernant la cause de l’éjaculation rapide, son origine n’est médicale que dans des cas extrêmement rares. Les études montrent toutes que les hommes qui éjaculent trop vite sont en bonne santé. Leur érection est de qualité satisfaisante. Ils ne présentent aucun symptôme d’une hypersensibilité qui leur ferait perdre leurs moyens. Lors de tests de masturbation, leur endurance est identique à celle des hommes qui se contrôlent correctement. La cause principale à traiter, c’est le manque de maitrise de son excitation.

Mais maintenant, le plus important !

Sur le sujet de l’éjaculation trop rapide, les techniques et les conseils sont sans cesse questionnables. Mais ici, la thérapie a été validée par un protocole clinique rigoureux ! Et elle apporte des résultats positifs dans 98 % des cas.

Je n’ai pas trouvé d’autre expérience menée avec autant de rigueur, qui apporte des résultats aussi bons sur ce trouble sexuel. N’hésitez pas à les partager avec moi si vous en connaissez. Mais en attendant, cette thérapie me semble tout simplement la plus valide pour résoudre le problème de l’éjaculation trop rapide.

Au-delà de son efficacité validée, j’apprécie cette thérapie parce qu’elle propose une approche globale du problème. Au-delà de la correction des mauvaises habitudes comportementales, elle aborde aussi les fantasmes sexuels ; et comment ils peuvent avoir une influence sur le contrôle de l’excitation.

J’apprécie également que le livre s’adresse aussi bien aux hommes célibataires qu’aux couples. Il n’oublie pas les compagnes, plusieurs passages leur sont dédiés. Leur souffrance et leur frustration est prise en compte. L’ouvrage leur explique les difficultés que traverse leur compagnon, ainsi que les mots et les techniques recommandés. Il propose aux couples des canevas pour renouer le dialogue, pour se soutenir l’un l’autre et surmonter ce trouble sexuel à deux.

Mais il reste à aborder le gros problème de ce livre. Malheureusement, ce problème est énorme. C’est tout simplement que le livre n’est pas du tout accessible au grand public. Dans un passage, l’auteur explique qu’il peut être utilisé par des particuliers comme manuel d’autotraitement. En réalité, on sent d’un bout à l’autre que c’est un manuel rédigé par un professionnel, à destination d’autres professionnels.

Hélas, mille fois hélas, si vous n’avez pas fait d’études médicales, ce livre sera donc illisible pour vous. Les schémas sont austères. Les exercices sont très bien pensés, mais pour quelqu’un qui voudrait progresser seul, leur description est très rébarbative.

Faisons un test. Sans tricher, connaissez-vous le sens des mots « Étiologie » ou « Épidémiologie » ? Si la réponse est non, alors malgré les immenses qualités du livre, je ne peux pas vous le recommander. Il vaut probablement mieux passer votre chemin.

Points forts :

  • Chacun des principes enseigné est argumenté et référencé
  • Propose une méthode structurée pour progresser
  • Tourné vers la mise en application
  • Traite le trouble dans sa globalité : l’excitation incontrôlée, l’angoisse, les fantasmes, le dialogue avec sa partenaire

Points faibles :

  • Illisible pour le grand public. Destiné aux professionnels qui connaissent le vocabulaire médical.
  • En fin du livre, l’extrait de roman « sexo-informatif » plutôt hors de propos

Ma note :      3 / 5

Consulter la fiche du livre sur Amazon

1 réflexion sur “L’Éjaculation prématurée: Compréhension et traitement par la thérapie sexofonctionnelle”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.