Mécanicien

Amine 42 ans, après quatre ans d’auto-traitement

Après de nombreuses années de déni, Amine s’est attaqué à son problème d’éjaculation trop rapide avec un livre numérique. Est-ce que ça a marché pour lui ?

Je remercie chaleureusement Amine pour son témoignage. « Amine » est un pseudonyme, son âge et son métier ont été légèrement modifiés pour conserver son anonymat. La photo en illustration n’est pas une photo de lui. Voici une retranscription de notre entretien :

Éric : Bonjour Amine ! Peux-tu nous dire ton âge et ce qui t’a poussé à témoigner aujourd’hui ?

Amine : Je m’appelle Amine, j’ai 42 ans, je suis carrossier.

J’ai fait face à l’éjaculation précoce. Je n’ai rien fait pour régler ce problème pendant très longtemps. J’ai eu envie d’en parler aujourd’hui, parce qu’avec un peu de chance vous trouverez dans mon histoire de la motivation pour vous en occuper, ainsi que des conseils utiles sur ce que vous pouvez faire.

Cela pourrait également vous apporter un peu de réconfort de savoir que vous n’êtes pas le seul homme qui a souffert de la gêne et la frustration que ce problème entraîne.

Éric : Super ! C’est exactement la raison pour laquelle je recueille des témoignages. Peux-tu nous dire comment l’éjaculation précoce a commencé chez toi ? Et aussi ce qui en était la cause, d’après toi.

Amine : Je ne sais pas si tous les hommes deviennent éjaculateurs précoces à cause d’une masturbation trop rapide, mais je suis presque sûr que cela a été une cause majeure pour mon cas. Ado, je me masturbais aussi vite que possible pour éviter de me faire surprendre.

Je pense que j’ai aussi été un peu malchanceux quand j’ai perdu ma virginité. Ça m’est arrivé plus tardivement que la normale. J’ai perdu ma virginité à 19 ans, avec l’amie d’une amie que j’ai rencontrée dans une boîte de nuit.

Après avoir échangé des baisers dans le club, nous sommes rentrés chez moi tôt le matin, pour continuer la fête. J’étais si excité par les heures de danse, de flirt et de préliminaires que je n’ai pas tenu jusqu’au sexe la première fois qu’on a essayé.

Je n’avais jamais entendu parler d’éjaculation précoce, à ce moment-là. Mais évidemment, j’ai réalisé que jouir avant même le sexe, c’était un problème.

Je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment, mais ma confiance en mes capacités sexuelles en a pris un grand coup, ce jour-là. Comme la plupart des femmes, cette copine a gardé sa déception pour elle. Et elle a fait un effort pour me faire me sentir comme si tout allait bien.

Malheureusement, la deuxième fois qu’on a essayé n’était pas beaucoup mieux. Et petit à petit, j’ai réalisé que je n’avais aucune idée de ce que je faisais.

Pour empirer les choses, je sais maintenant que j’ai naturellement un pénis sensible. En rétrospective, j’aurais probablement eu des problèmes avec mon endurance au lit dans tous les cas, peu importe à quel point mon stress a pesé dans la balance suite à ces premiers moments gênants.

Éric : Avoir un premier rapport à 19 ans, ce n’est pas tardif. La moyenne pour les hommes est entre 17 et 18 ans.

Même les hommes expérimentés ont couramment des « accidents », quand ils changent de partenaire.

Alors pour ta toute première fois, ne pas avoir réussi à te contrôler, ça n’a vraiment rien d’étonnant ! Une très grosse majorité des hommes en passent par là. Mais chacun garde ça pour soi. Avec les années, la parole se libère. Tu trouveras parfois des bons amis qui ont dépassé les 30 ans, et qui se mettront à raconter à quel point ils ne se contrôlaient pas début de leur vie sexuelle. Mais ils ne le font que des années après, souvent avec un petit coup dans le nez pour détendre l’atmosphère. C’est dommage, ça aurait pu les aider d’en parler à l’époque, entre eux.

Les hommes sont mortifiés à l’idée que ça puisse se savoir. Les filles n’ont pas ce genre d’angoisse, elles parlent bien plus facilement entre elles.

Comment ça s’est passé ensuite ?

Amine : Quelques semaines après, j’ai découvert l’ampleur du problème. Si je passais vingt-quatre heures ou plus sans sexe, je ne pouvais pas tenir plus d’une minute – si on avait de la chance.

Si on faisait l’amour plusieurs fois par jour, je devenais meilleur à chaque fois, mais je ne durais pas plus de 5 minutes. Et elle n’avait pas toujours envie d’avoir trois ou quatre rapports sexuels par jour.

En plus je ne connaissais rien au sexe, à l’époque. Je me limitais uniquement à la pénétration, rien d’autre. Du coup, au fur et à mesure des mois, on faisait de moins en moins l’amour.

Et ce qui est incroyable, c’est qu’on n’en a jamais parlé.

Aujourd’hui, la seule chose que je trouve encore embrassante est que pendant les années suivantes je n’en ai parlé à aucune de mes partenaires. Et je n’ai rien fait non plus pour progresser, même quand je me suis marié.

Curieusement, aucune petite amie que j’ai eue n’a essayé de m’en parler non plus, à part mon ex-femme qui se moquait gentiment de moi quand je jouissais trop tôt.

On en parlait donc parfois, mais jamais en disant que c’était un problème qu’il fallait régler. Ce qui s’est passé, là aussi, c’est qu’on a fait l’amour de moins en moins souvent. Jusqu’à ne presque plus jamais le faire.

Éric : Même si elle ne t’en parlait pas sur le ton de reproche, qu’est-ce que tu lui disais, quand elle parlait de ton éjaculation très rapide ?

Égoïstement, je lui répondais que c’était précisément parce qu’on ne faisait pas souvent l’amour que je ne pouvais pas me retenir. Ce n’était pas complètement faux. Mais comme je ne faisais rien pour régler le problème par ailleurs, la situation a empiré. Je jouissais trop vite, alors on faisait rarement l’amour. Et comme on ne faisait pas souvent l’amour, je jouissais trop vite. À force, c’est comme « l’œuf et la poule », on ne sait plus quel problème était là en premier.

Mais c’était ma faute ! J’aurais dû me préoccuper de mon problème plus tôt.

Je me suis séparé de ma femme, mais pour d’autres raisons. Mon éjaculation précoce n’était pas en cause.

C’est seulement après, qu’un jour, d’un coup, de nulle part, j’ai réussi à admettre que j’avais un problème.

Cela m’a donné un sentiment désagréable. Je me suis senti mal de ne rien avoir fait plus tôt. Et encore plus gêné en repensant à toutes mes éjaculations précoces.

Combien de fois ai-je laissé mes ex-partenaires souffrir de frustration en silence ? À combien de leurs amies s’étaient-elles plaintes dans mon dos ?

Et en même temps, j’étais assez excité à l’idée de régler ce problème. Je m’imaginais quel type d’amant j’allais devenir si je réussissais à régler ce problème qui me pourrissait la vie.

Éric : Qu’est-ce que tu as essayé, pour progresser ?

Amine : L’ai lu quelques articles sur des sites de santé masculine qui donnaient des conseils un peu vagues. Après, j’ai découvert un eBook en anglais qui s’appelle Ejaculation Trainer.

Ce livre m’a donné de l’espoir et beaucoup de travail. La clé, apparemment, pour guérir l’éjaculation précoce, c’est de s’entraîner avec les bonnes techniques pendant la masturbation et pendant le sexe.

J’ai découvert que cela peut prendre un certain temps pour que ces techniques marchent complètement.

J’ai essayé de mettre en place toutes les techniques dont je me souvenais, les fois suivantes où j’ai fait l’amour. J’ai observé quelques améliorations, mais ça ne marchait pas très bien.

Une fois ou deux, j’ai remarqué que je pouvais durer un peu plus longtemps. Mais le reste du temps, il n’y a pas eu vraiment de progrès.

Éric : Est-ce que tu as essayé d’autres produits ?

Amine : Comme que j’ai soupçonné que j’avais un pénis sensible, je me suis dit que ça vaudrait le coup d’essayer des produits désensibilisants. J’en voyais partout en ligne.

J’ai d’abord essayé différents types de préservatifs anesthésiants à la benzocaïne. Et des préservatifs extralarges, mais je les ai trouvés inconfortables. J’ai également essayé un médicament acheté en ligne, mais ça n’a fait que très peu de différence. Comme je ne suis pas passé par un médecin en plus, je n’étais pas rassuré. Je n’ai même pas terminé la boite.

J’ai ensuite essayé plusieurs sprays et crèmes désensibilisantes. Comme les préservatifs, ils m’engourdissaient trop. Ça m’a frustré de voir qu’il n’y avait pas grand-chose qui fonctionnait.

Après beaucoup d’essais et d’erreurs, j’ai finalement découvert un spray retardant appelé Promescent. C’était la première fois que je trouvais quelque chose qui fonctionnait pour moi.

Dès le départ, je savais que ce ne serait qu’une solution temporaire, mais elle semblait être très efficace et m’a aidé à durer plus longtemps à chaque fois.

J’avais quelque chose qui m’aidait à durer environ 10 minutes, au lieu des une à cinq minutes habituelles. Il était temps de me concentrer sur les techniques naturelles, pour voir si je pouvais guérir le problème une fois pour toutes.

Éric : Comment ça s’est passé, la première fois que tu as essayé sans anesthésiant ?

Amine : Je n’ai pas fait ça directement. C’est tombé à un moment où j’étais célibataire. Du coup, j’avais beaucoup de temps pour étudier le livre que j’avais acheté et comprendre ce qu’il fallait faire.

J’ai pratiqué les exercices du livre presque tous les jours, lentement mais sûrement, pour apprendre à contrôler mon niveau d’excitation.

C’est seulement deux mois plus tard que j’ai eu de nouveau un rapport sexuel. Ça m’a permis de mettre en pratique ce que j’avais appris. J’ai découvert que mes efforts étaient utiles.

Bon, le premier essai n’a pas été vraiment fiable. J’étais un peu ivre et chez moi, l’alcool m’aide à durer plus longtemps. Mais quand j’ai refait l’amour le lendemain, de nouveau, j’ai réussi à durer beaucoup plus longtemps qu’avant.

Ce qui est drôle, c’est que je suis arrivé à la conclusion que parler contribuait à réduire mon anxiété. Quand la femme avec laquelle j’étais à ce moment-là m’a regardé dans les yeux et m’a dit simplement « crois-moi, tu n’as pas de problème», cela a été un moment très important pour moi.

Je me suis dit : est-ce que ça veut dire que tu n’as plus de problème ? Est-ce que tu as réussi à vaincre ton problème d’éjaculation en seulement deux mois ?

Éric : Parfois, quand on fait bien les exercices et qu’on comprend bien quelles sont les habitudes qu’on doit changer, les progrès peuvent effectivement très rapides. Mais le problème prend une telle place dans sa vie qu’on a du mal à se sentir vraiment guéri.

C’était il y a combien de temps ? Comment ça s’est passé ensuite ?

Amine : C’était il y a trois ans. Ce que j’ai compris à ce moment, c’est que pour que les techniques naturelles fonctionnent pour moi, je devais les garder en tête pendant mes rapports sexuels.

Dès que je devenais paresseux ou trop confiant, la durée de mes rapports commençait lentement à redescendre. Surtout si j’étais célibataire pendant un certain temps et que je n’avais pas fait mes exercices.

Et si je bazardais tout ce que j’ai appris au sujet du contrôle de l’excitation, de la respiration, des pauses et des autres techniques importantes, c’est fou de voir à quelle vitesse mes rapports se terminaient de nouveau très vite.

L’autre problème est que j’ai encore un pénis très sensible. Et qu’il le sera toujours. Je pense qu’à cause de cela, j’ai encore des difficultés dans certaines circonstances particulières. Principalement lorsque je suis avec une nouvelle partenaire après avoir été célibataire pendant un certain temps.

Cela dit, je pense que la plupart des gars ont du mal à contrôler les niveaux intenses d’excitation les premières fois avec une nouvelle personne. Donc, quand tu as été célibataire pendant une période prolongée, je pense qu’il est important d’avoir des attentes réalistes quant à ce que tu peux faire.

Dans ces cas là, ça peut être bien d’avoir un produit désensibilisant comme plan de secours.

Éric : Tu as raison sur le fait qu’ancien éjaculateur précoce ou non, il est difficile pour un homme de se contrôler quand il rencontre une nouvelle partenaire. Si utiliser temporairement un produit anesthésiant te rassure, pourquoi pas. Mais dis-toi que ce n’est pas indispensable. Il existe des exceptions, mais généralement, les femmes fonctionnent de la même façon. Elles le savent également, que les premières fois avec un nouveau partenaire ne sont généralement pas les meilleures et qu’il faut un peu de temps pour apprendre à se connaître et s’habituer l’un à l’autre.

Amine : Ça, c’était il y a trois ans. Depuis, j’ai continué à progresser.

J’ai une nouvelle compagne depuis deux ans. Elle a eu du mal à me croire quand je lui ai parlé de mes problèmes passés. Ce qui est super c’est que désormais, j’ai tellement intégré la bonne façon de faire, que je l’applique sans y penser. Je n’ai pas fait mes exercices de masturbation depuis des années. Ça peut encore m’arriver de me faire surprendre par l’éjaculation, mais comme c’est assez exceptionnel, ce n’est pas quelque chose auquel, je pense. Ça ne m’angoisse pas.

Ma façon de faire l’amour et de faire au lit a beaucoup changé. Depuis un moment, je ne me préoccupe plus du tout de la durée de nos rapports. Avant, j’étais super fier de moi, si j’arrivais à durer cinquante minutes sou plus. Maintenant, je ne m’en préoccupe plus. Je prends soin de ma copine et de son plaisir. Parfois, ça se fait en cinq minutes et c’est très bien. J’adore prendre soin d’elle, beaucoup plus qu’avec mes anciennes copines. L’orgasme est beaucoup moins important. Parfois, nos rapports sexuels se terminent même sans éjaculation.

Mais ce n’est pas grave. On s’endort dans les bras l’un de l’autre et on est bien. Ce sera pour la prochaine fois.

Éric : C’est ton approche complète de la sexualité qui a changé. C’est super, comme parcours de vie. D’un moment à l’autre de sa vie, d’un partenaire à l’autre, on peut avoir envie d’explorer des facettes différentes de la sexualité.

Mais tous ces changements, ça te plaît ?

Amine : Oui, bien sûr ! Après, la vie continue et j’ai aussi des tracas, par exemple des problèmes de santé dans ma famille.

Mais au niveau du sexe, ça se passe tellement mieux qu’avant que je n’aurais même pas pu croire ça possible il y a quelques années. Je ne suis pas à plaindre.

Éric : Est-ce que tu as encore des conseils que tu as envie de partager ?

Amine : Si vous commencez juste à chercher un traitement pour l’éjaculation précoce, la chose la plus importante est de rechercher la bonne solution pour vous. Si vous essayez des techniques naturelles, n’abandonnez pas trop tôt.

Et comme pour beaucoup d’autres choses dans la vie, accepter que vous avez un problème est la partie la plus difficile. Après cela, vous allez devoir faire vos essais, vos erreurs, et y investir un certain temps. À moins que vous ne vouliez continuer à payer des produits désensibilisants.

Aussi, je n’arrive toujours pas croire le nombre d’années qui ont été nécessaires avant de m’attaquer à ce problème qui m’handicapait tellement. C’est stupide. Ne faites pas la même erreur !


Encore un énorme merci à Amine !

Je rappelle que l’objectif de ce site, c’est d’aider les hommes qui ont un problème d’éjaculation trop rapide. Mais aussi faire reculer le tabou qui pèse sur ce sujet ! Alors n’hésitez pas à témoigner également ! La parole est libératrice.

Que vous ayez actuellement un problème d’éjaculation, ou que vous soyez guéri, venez partager votre parcours, votre témoignage. Les récits des femmes sont aussi les bienvenus. Il vous suffit de m’envoyer un message via le formulaire de contact. L’interview se fait en une quinzaine de minutes par téléphone ou par Skype. Et votre récit sera publié sous pseudonyme 🙂

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